Axe 3 - Économies et sociétés : développement, richesse, innovation et régulation

Coordination de l'axe 3 : Vincent Duwicquet

Coordination du séminaire de l'axe 3 : Ornella Boutry, Vincent Duwicquet, Simon Nadel

Cet axe rassemble des recherches dont l’objet général est le fonctionnement des systèmes économiques contemporains en tant qu’ils sont encastrés dans un environnement social et dans un environnement naturel. Si cet axe est le moins pluridisciplinaire , car sa thématique questionne moins les sociologues et les anthropologues, il n’en reste pas moins que la problématisation de l’axe dans sa dimension économique rejoint certaines préoccupations d’histoire et de philosophie des sciences. Par ailleurs, les activités de recherche menées dans cet axe prennent souvent la forme d’articles dans des revues associant différentes sciences sociales.

Si cet axe est le moins pluridisciplinaire , car sa thématique questionne moins les sociologues et les anthropologues, il n’en reste pas moins que la problématisation de l’axe dans sa dimension économique rejoint certaines préoccupations d’histoire et de philosophie des sciences. Par ailleurs, les activités de recherche menées dans cet axe prennent souvent la forme d’articles dans des revues associant différentes sciences sociales.

Sur le plan scientifique, l’objectif est de mettre au jour les constructions institutionnelles et les régulations politiques qui se fondent toujours sur des conventions de richesse historiquement et géographiquement contingentes et par lesquelles le développement économique est possible. Il est également de penser les formes du développement et de l’innovation, en les reliant aux contextes institutionnels local ou global. Sur le plan normatif, l’enjeu est de questionner la légitimité et la durabilité de ces systèmes économiques. L’angle d’attaque combine analyse structurale de l’ordre macroéconomique et analyse compréhensive des jeux d’acteurs individuels ou collectifs, lesquels ne sont jamais réduits à de simples homo economicus, mais sont dotés de véritables capacités cognitives, constructives et éthico-politiques qui permettent de saisir la singularité des crises, de penser la spécificité du changement institutionnel et des dynamique d’innovations, et d’éclairer le débat public.

La volonté de l’axe Économies et sociétés : développement, richesse, innovation et régulation est de se doter d’outils d’analyses variés pour mieux rendre compte de la diversité de ses problématiques. Ce projet suppose de mettre en œuvre à la fois des méthodes statistiques plus ou moins élaborées, des méthodes d’analyse multi-agents, des méthodes qualitatives inspirées de l’étude de traces mais aussi des méthodes d’observation participante et non participante.

Actualités

Séminaire de l'axe 3 (SEPOL)
Axe 3 Séminaire

Le capitalisme comme économie monétaire de production : De Keynes aux post-keynésiens Franck Van de Velde,...

Séminaire de l'axe 3 (SEPOL)
Axe 3 Séminaire

Comparaison d’évolution chez Hayek et Schumpeter Tristan Velardo et Laurent Steveny, Clersé, Lille Les...

Séminaire de l'axe 3 (SEPOL)
Axe 3 Séminaire

Micro, Macro, Maths: Is that all? An International Study on Economics Bachelor Curricula Arthur Jatteau,...

Membres de l'axe

ALARY    Pierre
BOIDIN    Bruno
BOUTILLIER    Sophie
BOUTRY    Ornella
CHILARESCU    Constantin
CORDONNIER    Laurent
CUVELIER    Pascal
DALLERY    Thomas
DE TOUCHET    Elisabeth
DEMALS    Thierry
DESMARCHELIER    Benoît
DISSELKAMP    Annette
DJEFLAT    Abdelkader
DJELLAL    Faridah
DUWICQUET    Vincent
ELOUAR-MRIZAK    Sana
FILLIEULE    Renaud
FOUDI    Rachid
FRETEL    Anne
GAILLARD    Gérald
GALLOUJ    Faïz
HÉRAN    Frédéric
HYARD    Alexandra
JANY-CATRICE    Florence
JATTEAU    Arthur
LALLAU    Benoît
LAPERCHE    Blandine
LAZES    Julie
LENFANT    Jean-Sébastien
LENGAIGNE    Benoît
MARDELLAT    Patrick
MELIN    Hélène
MELMIES    Jordan
MERLIN    Céline
NADEL    Simon
PETIT    Olivier
POSTEL    Nicolas
POUCHAIN    Delphine
POUCHOL    Marlyse
RIBAULT    Thierry
ROUSSEAU    Sandrine
SEHIER    Clément
SOBEL    Richard
UZUNIDIS    Dimitri
ZEMMOUR    Michael
ZOUACHE    Abdallah

AKESBI    Meryem
AMON    Ornella
ASOMANING    Abena
AUBANEL    Jean-Christophe
BERTHOUX    Arnaud
BOURBIA    Verena
CAYOL    Clément
CELLE    Sylvain
CHEVALIER    Louis
CORDRIE    Benjamin
DELOUETTE    Ilona
DOUMBOUYA    Amadou
FAYE    Ahmeth
FRISSA    Nassima
GAYOT    Olivier
GENEL    Frédérique
GUIMARAES    Gustavo
HADDAD    Rania
HIAHEMZIZOU    Rafik
HOUSSOY    Thomas
LAISSUS-BENOIST    Perrine
LEROUSSEAU    Jessie
MAHAILET    Antoine
MECHOUEK    Ferhat
MONNEYBOSSO    Roger
MOUSA    Saeed
NGUEMO    Fernande
NGUYEN    Duc Hien
OCLOO    Diane
PHARO    Julien
RAJAONAH    Haingotiana
RAKOTORINA    Haridera
ROGE    Cédric
ROUDAIRE    Raphaël
SAINT-GUILY    Elisabeth
SEBERT    Adèle
STEVENY    Laurent
STUDER    Marion
SUN    Shui'e
TANGE    Loïck
VANSON    Elia
VELARDO    Tristan
VERLEY    Thimotée
VEYSSIERE    Sonia
WATTARA    Mariame
WOJDA    Loïc

Déclinaisons thématiques

L’activité scientifique de cet axe se décline autour de quatre thématiques.

Le sous-axe Capitalisme Financier et État Social (CAFÉS) est l'émanation de l'ancien sous-axe Dynamique de l'Accumulation-Répartition et Mutation du Capitalisme (DARMC). Le changement de nom de l'axe signale une volonté d'explorer la viabilité macroéconomique, sociale et environnementale du capitalisme actuel. Les recherches menées au sein du sous-axe CAFÉS ont vocation à s'intéresser aux transitions subies par le capitalisme financier en général et l'État social en particulier, en tentant de montrer comment ces deux transitions participent d'un même mouvement, dans un environnement institutionnel marqué par la domination du néolibéralisme.

Concernant la transition du capitalisme financier, le projet cherchera à expliciter davantage comment la dynamique du capitalisme financier se déroule, entre périodes d'euphories spéculatives, de krachs soudains ou de dépressions prolongées. L'analyse des cycles économiques et de leurs déterminants sera donc une voie de recherche poursuivie, notamment par la mobilisation des outils de la théorie post-keynésienne (que ce soit en termes de modélisation Stock-Flux Cohérente ou de modèles à base d'agents). Le sous-axe se penchera également sur le concept d’instabilité, que ce soit pour éclairer la distinction avec les cycles, mais aussi pour identifier les facteurs de fragilité financière ou réelle, ainsi que les leviers pour stabiliser une économie intrinsèquement instable. Au titre de ces réflexions, il s'agira par exemple de questionner les comportements d'investissement des entreprises ou de réévaluer le rôle de la contrainte extérieure (loi de Thirlwall), notamment au sein d'une union monétaire qui offre peu de variables d'ajustement, si ce n'est le renforcement des dynamiques territoriales centrifuges conduisant à des inégalités de développement de plus en plus marquées. Au-delà de la domination financière, c'est aussi le régime monétaire qui contraint l'activité et l'emploi, et le projet de recherche se proposera d'apporter des éléments de réponse pour estimer les pertes de richesse occasionnées par le maintien d'un ordre monétaire inadapté, faute de transferts budgétaires suffisants entre territoires.

Face au cumul des difficultés, nos économies contemporaines éprouvent les pires difficultés à sortir d'une spirale stagnationniste, avec un chômage élevé, une inflation très basse et des gains de productivité historiquement bas. Le capitalisme est-il en transition vers un nouveau régime d'accumulation ? Le projet de recherche se propose d'interroger ces évolutions pour en trouver les causes structurelles. D'une part, pourquoi l'inflation reste-t-elle si faible ? La courbe de Phillips a-t-elle disparu ? Comment expliquer la quasi-absence de gains de productivité ? La loi de Kaldor-Verdoorn nous apporte-elle des éclairages ? Pourquoi l'imaginaire des capitalistes peine-t-il à identifier de nouveaux eldorados capables d'étendre l'empire de la marchandise ? Le projet de recherche tentera également d'envisager des politiques publiques susceptibles de contrer ces tendances stagnationnistes de nos économies contemporaines. Il s’agit de concevoir de nouvelles institutions capables de restreindre la prédation financière (nouveaux acteurs financiers publics, nouveau cadre juridique pour l'entreprise, régulations innovantes des acteurs financiers, nouvelles normes comptables,...), mais aussi de rénover le cadre des interventions traditionnelles de la puissance publique, en lien avec les impératifs écologiques (politique d'investissement public dans la transition écologique, politique monétaire favorisant les projets d'investissement à long terme, politique de réduction du temps de travail, propositions pour remplacer le concept d'output gap dans le pilotage de la politique économique,...).

Dans la poursuite de l’élan du colloque de l’AES de 2016 « Politiques sociales en mutation », des travaux se poursuivent pour capturer les grandes régularités, et les évolutions structurelles en cours.

Les régularités seront recherchées par des travaux de comparaison internationale des systèmes nationaux de redistribution. S’appuyant sur l’exploitation de micro-données du Luxembourg Income Study (LIS), nous cherchons à identifier et expliquer les grandes régularités des politiques fiscales des différents Etats, de leur politique de redistribution, et à en faire l’économie politique : quels sont les rôles respectifs de la distribution primaire et de la redistribution ? Y-a-t-il une opposition et des différences d’effets entre les stratégies de démarchandisation (secteur public et socialisation développée) et les stratégies de redistribution (priorité donnée à la réduction de la pauvreté) ?  Cette recherche empirique se construit en parallèle d’une réflexion théorique sur la valorisation monétaire des différentes activités sociales : comment la distribution de salaires, de transferts, de profits participent à la définition sociale et monétaire de la valeur.

Les mutations seront abordées essentiellement à l’appui du cas français. Les politiques sociales connaissent d’important changement dans leur structure, dans leurs paradigmes, dans leur financement, et finalement dans leurs conséquences économiques et sociales. Pourtant, fait de leur évolution lente et incrémentale, les transformations des institutions de la protection sociale sont parfois difficiles à identifier, et leurs conséquences difficiles à évaluer. Pour saisir ces évolutions qui ne se donnent pas d’elles-mêmes, une stratégie commune aux chercheuses et chercheurs du sous-axe, est de se pencher sur les évolutions significatives de la protection sociale en France, en s’intéressant à ses marges. Dans un paysage politique et institutionnel contraint, la réforme par la marge est une stratégie politique clairement repérée ; de plus la superposition de réformes marginales a des dispositifs existants peut conduire à des reconfigurations de fond de systèmes qui n’ont pas été réformés directement (Streck et Thelen). Ce travail sur l’évolution des politiques menées est associé à un travail sur la mesure, la quantification et le pilotage publique des enjeux sociaux.

Cette stratégie de recherche se décline sur différents terrains : en matière d’emploi, une équipe porte notamment un contrat de recherche pluridisciplinaire (sociologie-économie) dans le cadre de l’expérimentation du dispositif « territoire zéro chômeur », qui vise à financer des activités et/ou des emplois rémunérés, en partie par redéploiement des fonds de l’indemnisation chômage. Des travaux se poursuivent concernant les politiques de la dépendance : ces travaux portent à la fois sur les stratégies de financement de ce nouveau risque social, mais également sur la manière dont l’intervention publique configure à la fois la prise en charge publique et la construction sociale du marché privé de la dépendance (assurance, offre de soin, etc.). Une thèse démarrée en 2017 portera sur la généralisation des complémentaires santé d’entreprise et sur le rôle que cette réforme confie aux partenaires sociaux dans la gestion privée de l’assurance santé. Des travaux sont également envisagés sur la contribution des incitations fiscales à l’organisation de la philanthropie dans les hauts de France. 

Enfin et surtout, les chercheuses et chercheurs ont choisi de travailler autour d’un questionnement commun, à l’intersection de leurs objets de recherche : le concept de l’Etat employeur en dernier ressort. Ce concept, proposé par Minsky, nous permettra d’aborder l’action publique vis-à-vis du chômage, de différents points de vue : régulation de l’activité macroéconomique, contrôle de la production et de la distribution du revenu, responsabilité sociale et environnementale de l’Etat, des collectivités locales et des acteurs économiques notamment. Une série de séminaires est prévue autour de cette thématique.

Le sous-axe HPES examine les courants de la pensée économique et sociologique du point de vue historique et philosophique sans parti-pris idéologique. Dans la continuité des recherches menées, les membres du sous-axe souhaitent poursuivre leurs investigations dans cinq directions principales :

  1. l’économie et la politique du 18ème  au 20ème siècle;
  2. l’histoire de la microéconomie;
  3. l’histoire de la macroéconomie et en particulier de celle développée par Hayek à la fin des années 1930;
  4. l’économie philosophique et notamment les liens entre économie et religion;
  5. les interactions entre économie, sociologie et bioéthique autour des notions de justice et de care.   

Les activités à venir s’organiseront d’abord autour de manifestations scientifiques d’envergure dont plusieurs sont d’ores et déjà programmées :

  • Colloque international « La théorie économique est-elle utile ? » Sciences Po Lille, 6-7 septembre 2018. Ce colloque se propose de distinguer la réflexion sur l’utilité de la théorie économique selon trois directions : le sens de la question ; l'histoire de cette question sous une perspective pratique ; l'horizon vers lequel nous entraîne cette question.
  • Journée d’étude « Républicanisme et économie politique », MESHS Lille, 14 novembre 2018. L’objet de cette journée d’étude est d’interroger l’absence de lien apparent entre l’économie politique et le programme républicain, alors que certains prônent la nécessité d’une économie politique républicaine.
  • Colloque international « Economie et religion », Sciences Po Lille, mars 2019 Colloque International de l’ESHET « Banks and money in the History of Economic Thought », Sciences Po Lille, mai 2019. Ce colloque, qui accueillera près de 450 participants provenant de plus de 30 pays, a pour thème la place des banques dans la macroéonomie du 20ième siècle à nos jours. A cela s’ajoutera une réflexion sur l’articulation entre le champ de la macroéconomie qui se développe à partir des années 1930 et celui de la théorie monétaire et bancaire qui poursuit une existence séparée comme champ d’économie appliquée. 

Parallèlement, les travaux réalisés devraient se concrétiser par la publication de trois ouvrages :

  • Pierre Prevost, Cours d’économie politique (1817) et autres textes économiques, Paris : Editions Garnier, 185 p., décembre 2018
  • Pierre-Samuel Du Pont de Nemours, Textes politiques, 2019
  • Emile et Isaac Péreire, Leçons sur l’industrie et les finances : prononcées à l’Athénée (1831)

Enfin, deux programmes de recherche apparaissent centraux dans les travaux du sous-axe. Il s’agit d’une part d’un projet structurant MESHS Lille (2019-2021)  intitulé « Economie politique et républicanisme ». Ce futur projet sera l’occasion d’approfondir les idées politiques des économistes des 18ème et 19ème siècles. Il cherchera également à creuser la relation entre l’économie politique et le néo-républicanisme. Il s’agit d’autre part de la création d'un axe de recherche avec l'université de Genève (faculté de théologie et d'éthique) puis de la création d'une association européenne de philosophie économique en lien avec le BETA, le GREQAM et TRIANGLE autour de la thématique « Economie et religion ». Ce projet cherchera également à aboutir à la création d'une collection "philosophie économique".

Les travaux du sous-axe TAIDD se situent dans le prolongement des travaux de l’axe VEDEV par l’étude des dynamiques du développement durable sur des territoires variés, sur différentes aires géographiques, au Nord et au Sud.

Ils chercheront notamment à lier trois types de problématiques théoriques et empiriques :

  1.  La question du développement (notamment dans les pays du Sud) ;
  2.  La question des enjeux écologiques et sociaux du développement ;
  3.  La question des Acteurs et Institutions qui structurent ces processus de développement et de développement durable.

La dynamique de ce sous-axe repose sur la complémentarité de ces trois problématiques. Les chercheuses et chercheurs y partagent en effet la conviction selon laquelle la réalité de terrain n’existe qu’à travers les représentations que s’en font des acteurs et que soutiennent les institutions. Cette conviction explique bien sûr que la distinction entre la croissance et la durabilité, ou bien entre la question du « développement » des pays du Sud et celle du « développement durable » des pays du nord doit être questionnée. Elle explique aussi que la diversité des terrains et des objets d’analyse, avec des méthodes de preuve issue des sciences sociales, nourrisse en permanence une réflexion de nature conceptuelle sur la dynamique et la plasticité des institutions majeures du capitalisme : marché, entreprise (privée ou publique) et pouvoirs publics.

Quelques points saillants représentent plus précisément des terrains d’expertise qui seront approfondis. La question du développement portera en particulier sur la problématique de l’agriculture et de la santé dans les pays du sud. C’est un domaine dans lequel le Clersé a acquis une expertise reconnue au niveau international en proposant une approche alternative à celle des grands programmes de développement mondiaux des institutions internationales, montrant la nécessité d’ancrer les politiques dans des institutions et des cultures locales. L’une des problématiques émergentes sera celle de l’eau (recherche soutenue par l'IFAD (International Fund for Agricultural Development)). 

Ces recherches sont en relation étroite avec les interrogations contemporaines sur la non soutenabilité des trajectoires de développement des pays du Nord. Cette ligne générale peut être notamment illustrée par cinq grandes séries d’analyses :

  1. une analyse des notions de risque, vulnérabilité, résilience en relation avec une approche sociologique et économique des politiques territoriales menées en la matière (notamment autour des Parcs Naturels régionaux) et une attention particulière à la question du nucléaire (en particulier dans le cadre d’une étude croisant la France et le Japon) ;
  2. une réflexion qui se poursuit sur le lien fondamental entre ville et mobilité et plus précisément la question de la transition vers l’éco-mobilité ;
  3. une réflexion qui débute (en lien avec l’axe 2 du Clersé) sur les emplois verts et verdissants tels que définis par l'Observatoire National des Emplois et Métiers de l'Economie Verte : si ces emplois sont appelés à constituer le cœur du projet de transition de notre économie pour répondre aux enjeux environnementaux, il convient d'en analyser la qualité et la pénibilité ; 
  4. une analyse des pratiques innovantes des acteurs sur les territoires (innovations productives, innovations dans les modes de consommations) et de l’impact de ces pratiques sur les territoires;
  5. une réflexion émergente sur les modèles agricoles de la région Hauts de France et leur compatibilité et durabilité (en lien avec le département Sciences pour l'Action et le Développement (SAD) de l'INRA).

Les recherches sur les questions concrètes de développement et de durabilité questionnent notre représentation du processus économique en son cœur : celui du comportement des acteurs et de leur interaction avec les institutions qui structurent ce comportement. Cette problématique va être développée notamment autour d’une redécouverte des travaux de Karl Polanyi (en lien avec l’Institut Polanyi) et de la problématique des communs et des modèles de production coopératifs et associatifs (en lien avec la Chaire ESS, l’Institut Godin, Solidaris et l’Institut Veblen). Un séminaire MESHS sera consacré à cette réflexion sur les institutions de la transition et le dépôt d’un projet ANR est prévu en septembre 2019. Une thèse est en cours sur le sujet et d’autres sont en projet autour d’un élargissement de la problématique de la RSE à celle plus ouverte des « conventions liant l’entreprise et la société ».

Plus généralement les chercheurs de TAIDD sont, pour la période 2018-2022, fortement investis dans le comité de rédaction de plusieurs revues et éditions scientifiques reconnues : revue DD&T, revue ROR, RFSE, Mondes en développement, Editions du Septentrion. Et ils travaillent étroitement avec les acteurs locaux (collectivités, ONG, etc.), réalisant un maillage territorial très important.

Le sous-axe « Services, Innovation, Travail, Entrepreneuriat  » réunit au sein du Clersé une équipe de plus d’une vingtaine de chercheurs (y compris les doctorants) qui, depuis plusieurs années, ont œuvré à élaborer un projet scientifique commun autour des thématiques de l’innovation et de l’entrepreneuriat (1), des services et de l’innovation dans les services (2) et les industries créatives comme moteurs de la croissance européenne (3). Ce projet collectif s’établit non seulement sur un ensemble d’opérations de recherche communes, mais aussi sur une importante activité éditoriale, l’animation de plusieurs sociétés savantes (et des multiples manifestations récurrentes qui leur sont associées), le montage ainsi que la prise en charge de plusieurs formations adossées aux thématiques de l’innovation et des services.

 Les concepts et méthodologies utilisés par les membres de l’axe « SITE » sont très larges, puisqu’ils mélangent à la fois des modélisations formelles, des réflexions conceptuelles, des méthodes qualitatives (entretiens semi-directifs…) et l’usage de techniques économétriques.

1) Economie de l’innovation et de l’entrepreneuriat

Dans le « sous-axe » SITE, la thématique de l’innovation est abordée sous l’angle des services (voir point 2), mais elle l’est aussi d’un point de vue plus général indépendamment de la dynamique sectorielle. Dans cette perspective générale, les dynamiques entrepreneuriales et d’innovation sont envisagées essentiellement dans leurs inscriptions au sein de systèmes complexes d’interactions entre agents. Ces systèmes peuvent êtres sociaux, spatiaux et/ou sectoriels (systèmes locaux, nationaux et sectoriels d’innovations, clusters et pôles de compétitivité, réseaux d’innovation).Les dynamiques d’innovation, l’analyse des systèmes d’innovation font l’objet de projets appliqués à l’émergence de filières nouvelles comme la silver economie (recherche soutenue par La Chaire TDTE -Transitions démographiques économiques, transitions), ou celles associées à l’économie circulaire (par exemple l’écologie industrielle et l’émergence d’une filière biométhane dans le cadre du programme TIGA préparé en 2018 à Dunkerque avec les collectivités territoriales)

Le programme SITE développe depuis plusieurs années un axe de recherche autour du potentiel économique, en termes d'innovations, d'entrepreneuriat et d'attractivité, que représente l'écologie industrielle à l'échelle territoriale. Une thèse appliquée à la symbiose industrielle de Dunkerque sera soutenue fin 2018 et une autre thèse, co-financée par la région Hauts de France et l'ADEME débutera à la rentrée 2018. Intitulée "Economie circulaire, écologie industrielle et diversification des territoires industriels et portuaires", elle vise à appliquer la méthodologie construite et à comparer les expériences de différents ports de la mer du Nord. En parallèle, le programme SITE participe en 2018 à un consortium européen dans le cadre d'un projet H2020 sur le thème de l'économie circulaire. Sur plus de 30 projets, celui-ci figure parmi ceux qui ont été retenus pour concourir lors de la dernière phase de sélection.

Une partie des travaux de cet axe concerne également les relations science / industrie dans une perspective à la fois historique et contemporaine. Une série de séminaires financés par la MESHS aura lieu en 2018/2019 sur le thème de l’entrepreneuriat académique en coordination avec des historiens de l’université de Lille. Un programme de recherche sur la valorisation de la recherche dans les petites et moyennes universités a débuté en 2017 avec l’étude du cas de l’ULCO et sera poursuivi dans les années à venir sur la base d’une comparaison nationale. Plusieurs coopérations internationales sont également engagées sur le thème du rôle des tiers lieux dans l’émergence de l’entrepreneuriat (académique ou non)

 Au total ce premier champ de recherche peut être décliné en trois trajectoires de recherche complémentaires :

  • innovation, entrepreneuriat et émergence de nouvelles filières;
  • innovation et valorisation de la recherche;
  • innovation, entrepreneuriat et territoires.


 2) Economie des services et économie de l’innovation dans les services

 Il s’agit de thématiques historiques du Clersé, qui a acquis dans ces domaines, sous l’impulsion des travaux précurseurs de Jean Gadrey et de Jean-Claude Delaunay, une visibilité européenne et internationale. La littérature spécialisée évoque ainsi une Ecole lilloise de l’économie des services. Ce champ sectoriel fédérateur est décliné selon un certain nombre de thématiques scientifiques correspondant à des projets de recherche dont certains, déjà présents dans l’ancien quadriennal, continuent d’être exploités et dont d’autres sont émergents.

 Les membres du sous-axe « SITE » sont également impliqués dans le projet européen Co-VAL (Horizon 2020, code : CULT-COOP-11-2016-2017, budget : plus de 4 millions d’euros), dont l’objectif est d’étudier et de proposer de nouveaux mécanismes et stratégies institutionnels pour améliorer la coopération entre les administrations publiques et les autres acteurs de la société (usagers, entreprises, associations…) afin de concevoir, produire et délivrer des services et des politiques publiques. Cette problématique est aujourd’hui au cœur d’un nouveau champ de la littérature appelé « service science » auquel les membres de l’équipe entendent contribuer. 

 Les principales thématiques de recherche envisagées sont les suivantes :

  • innovation et co-création de valeur dans les services publics;
  • la productivité et la performance dans les services;
  • les services dans leurs relations à l’emploi;
  • les réseaux d’innovation publics-privés;
  • l’innovation sociale dans ses relations à l’innovation de service;
  • les services et le développement durable;
  • les services et les politiques publiques.

3) Les industries culturelles et créatives comme moteurs de la croissance européenne

En écho à la résurgence récente d’arguments selon lesquels la tertiarisation serait un frein à la croissance économique, nous voulons étudier cette relation services-croissance de manière originale en montrant comment les services peuvent contribuer à rendre productifs des secteurs traditionnellement considérés comme stagnants – les industries culturelles et créatives. Au-delà de la seule mesure de la productivité, nous nous attacherons à identifier les effets de rétroaction favorables à la croissance générés par les services au sein des industries culturelles et créatives, ainsi que les rétroactions de ces secteurs avec le reste du système économique.

 Les thématiques de recherche envisagées sont les suivantes :

  • rétroactions entre le développement des industries créatives et la croissance des autres secteurs;
  • activités des microentreprises;
  • diversités culturelles en Europe et inclusion des citoyens dans la production artistique.